Le Fort Liberia - Villefranche de Conflent

«Une petite villotte qui peut contenir quelques 120 feux, fort serrée et environnée de trégrandes montagnes, à demi escarpées, qui la pressent de si près que de la plus éloignée on y pourrait jeter des pierres avec une fronde. Leur sommet est fort élevé et leur ventre si gros que du sommet elles ne peuvent faire du mal à la place.
Mais il y a plusieurs petites pointes et avances du rocher à mi-côté, qui sont autant de logements à miquelets, d’où l’on peut canarder à coups de fusils tout ce qui para^trait dans ses rues de sorte qu’il n’en faudrait pas davantage pour l’obliger à se rendre s’ils estoient occupés, jamais la place ne pouvant estre plus commandée qu’elle ni de plus d’endroits, ce qui n’est toutefois pas si incorrigible qu’on se le pourroit imaginer»

Vauban 1679

source : http://www.fort-liberia.com




Historique


Il a été construit par Vauban après la division de la Catalogne entre la France et l'Espagne par le traité des Pyrénées, à compter de 1681, en même temps que la citadelle de Mont-Louis qui est plus en amont dans la vallée de la Têt. Le fort est relié à la cité de Villefranche par un escalier souterrain de 734 marches. Il domine ainsi le village d'une hauteur de 150 mètres environ.
Le fort sert un temps de prison d'État notamment pour les responsables de l'affaire des poisons (1682-1683) sous Louis XIV1.
Après le départ des troupes le « Domaine » met le fort en vente. Un premier propriétaire privé fait son apparition en 1925 : M. Laurens. Cette personne, ancien armateur à la retraite, avait dans l'idée d'en faire une maison de retraite pour les marins. Dans le but d'aménager le fort pour ses pensionnaires, M. Laurens fit raser la caserne des officiers située au premier niveau de la forteresse afin d'aménager une cour d'honneur. Du fait de l'accès difficile et de l'éloignement de la mer, son projet n'eut pas le succès escompté. Le fort fut remis en vente et acheté en 1955 par M. Marcel Puy, qui en fit cadeau de mariage à son épouse. Finalement, M. Puy signa en 1984 un bail emphytéotiqueavec quatre commerçants de la cité et, après trois années de restauration, le fort a été ouvert au public en 1987.
Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fort_Lib%C3%A9ria

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Après la visite de la ville et de ses remparts, nous montons au fort Libéria. Nous avons décidé de le faire à pied mais il est possible de s'offrir les services d'un 4X4.
Après environ 20 minutes de montée nous voilà arrivés à l'entrée du fort.


Canigo
Nous entrons par une passerelle et un pont levis construits sous Napoléon III en 1850.





Nous montons sur le chemin de ronde construit en marbre rose à la base et en brique sur sa partie haute afin d'amortir les chocs des boulets de canon ennemis. Le marbre rose était pris dans le massif du Belloc où est adossé le fort. Les Balustres en fer forgé catalan, le minerai était extrait du Canigo.







Les échauguettes sont construites en décalé par rapport aux murs afin d'avoir une vue dégagée sur tous les environs




Pendant toute la visite vous ne ferez que monter, descendre, remonter des escaliers. On imagine la forme physique que devaient avoir les soldats avec tout leur équipement..









Puis nous descendons dans la galerie de contrescarpe (système de défense pour prendre l'ennemi à revers) elle date du XVIIe siècle




ça descend, ça descend..











Nous allons ensuite dans la prison des dames.

L'affaire des poisons

Dans les « coulisses » de la Cour de Louis XIV , des troubles affaires d’empoisonnement, de magies et messes noires, sacrifices rituels d’enfants ont cours. Une vaste enquête policière menée par le Lieutenant Général de Police La Reynie va découvrir le « pot aux roses ». De grands noms de la cours sont impliqués dont la Marquise de Montespan, favorite du roi. Quand celui-ci apprendra tout ce qui se trame autour de lui (afin que son honneur ne soit pas bafoué vis à vis des autres rois d’Europe), il supprimera la chambre Ardente (tribunal) en 1682 et fera transporter par lettres de cachet en différentes forteresses les plus sûres du royaume tous ces « prisonniers retenue » dont la raison d’Etat empêche le jugement.
Une des geôles souterraines du château aura comme pensionnaires huit femmes dont les plus connues furent Anne Guesdon et La Chapelain. La première, femme de chambre de la marquise de Brinvilliers mourra en 1717 après 36 ans de captivité ; la seconde, femme à tout faire et entremetteuse passera 43 ans en ces murs.
source : http://www.fort-liberia.com




La visite du fort se termine par son gigantesque escalier dit des "1000 marches" alors qu'il n'en compte "que" 734. Il est le sous-terrain le plus long du monde.
Il a été construit entre 1850 et 1853, même si Vauban avait envisagé cette construction il ne pourra pas la réaliser faute de finances et c'est Napoléon III qui déclenchera les travaux.








Cette journée à Villefranche de Conflent aura été très instructive historiquement, c'est un patrimoine très bien entretenu.
Un conseil mettez de bonnes chaussures....



Si vous passez par ces lieux merci de toujours les respecter et prendre soin de ne pas les détériorer ainsi vos enfants pourront également les découvrir dans le futur

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